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Un gène responsable de l'ichtyose lamellaire
de type 2
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Évry, le 8 septembre
2003
En étudiant l'ADN de patients
souffrant d'ichtyose lamellaire de type 2, une maladie dermatologique
rare d'origine génétique, l'équipe Maladies
dermatologiques, dirigée par Judith Fischer au Centre National
de Génotypage (CNG),
situé sur le site Genopole®, à Évry,
a identifié des mutations dans le gène ABCA12.
Une découverte qui devrait permettre de comprendre les
mécanismes à l'origine de cette maladie.
Les ichtyoses constituent un groupe hétérogène
de maladies dermatologiques, caractérisées par une
peau extrêmement sèche, avec épaississement
de la couche corné de la peau et accumulation de squames,
dont l'aspect évoque des écailles de poisson. De
nombreuses formes d'ichtyose ont été décrites,
mais leur classification est parfois difficile, en raison d'une
grande hétérogénéité clinique
et génétique. L'ichtyose lamellaire de type 2 (IL2)
est l'une des formes d'ichtyose congénitale. Maladie autosomique1
récessive2 rare, elle touche 1 nouveau-né sur 300
000 à 500 000.
La région chromosomique impliquée dans l'IL2 avait
précédemment été localisée
sur le chromosome 2. L'équipe de Judith Fischer, au CNG
(dirigé par le Pr Mark Lathrop), spécialisée
dans l'identification de gènes responsables de maladies
dermatologiques, publie, dans la revue internationale Human
Molecular Genetics* du 15 septembre, les résultats
de ses recherches sur la génétique de cette maladie.
En collaboration avec le laboratoire
Généthon à Évry, avec des hôpitaux
d'Algérie, du Maroc, le Département Dermatologie
de l'Hôpital St-Louis de Paris et le Genoscope - Centre
national de séquençage, le matériel génétique
de 9 familles touchées par l'IL2 a été collecté,
puis analysé. Ce qui a permis de mettre en évidence
plusieurs mutations du gène ABCA12 chez les patients,
confirmant que ce gène est à l'origine de la maladie.
L'équipe a également caractérisé
la protéine ABCA12 codée par ce gène.
Elle appartient à une grande famille de protéines
membranaires qui transportent divers substrats à travers
les membranes intra- et extracellulaires. « Aujourd'hui,
nous cherchons à comprendre le rôle de ce gène
dans l'apparition de l'ichtyose lamellaire de type 2. Le recoupement
des résultats de nos travaux avec les données disponibles
sur cette famille de protéine, laisse penser que la protéine
codée par ABCA12 est impliquée dans le trafic des
lipides cellulaires au sein des kératinocytes, les principales
cellules de la peau. »
Ainsi, l'isolement du gène ABCA12 dans l'ichtyose
lamellaire de type 2 permettra probablement de mieux comprendre
le fonctionnement de la barrière dermo-épidermique,
ainsi que la fonction des lipides dans la peau.
« En mettant en évidence l'implication d'un
nouveau gène dans les ichtyoses lamellaires, nous progressons
de deux manières, commente Judith Fischer : tout
d'abord, il sera désormais possible, lors du diagnostic,
de classer l'ichtyose sur une base génétique. Ensuite,
cette découverte nous informe non seulement sur le rôle
de la protéine ABCA12, mais augmente aussi la connaissance
que nous pouvons avoir de la peau. » Et la chercheuse
de conclure : « Nos résultats démontrent
une fois de plus que l'approche par clonage positionnel3 est particulièrement
informative. Le choix d'étudier des familles porteuses
d'une maladie génétique rare permet à la
fois d'identifier le gène en cause dans cette pathologie
et d'en déduire la fonction. »
*Lefèvre, C., Audebert, S., Jobard, F., Bouadjar, B.,
Lakhdar, H., Boughdene-Stambouli, O., Blanchet-Bardon, C., Heilig,
R., Foglio, M., Weissenbach, J., Lathrop, M., Prud'homme, J-F.,
and Fischer, J. Mutations in the transporter ABCA12 are associated
with lamellar ichtyosis type 2. Human Molecular Genetics, 2003
Sep 15;12(18):2369-2378 (Epub 2003 Jul 15).
Notes de bas de page
1 - Qui touche aussi bien les hommes que les
femmes.
2 - Pour induire la maladie, le gène doit
être muté sur ses deux exemplaires (celui provenant
du père et celui provenant de la mère).
3 - Par cette technique, l'ADN des malades
est comparé à celui de personnes en bonne santé.
Les régions chromosomiques où des différences
apparaissent sont alors séquencées pour identifier
les gènes anormaux.
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