Le clonage

Quelles sont les applications du clonage des animaux ?

1. Le maintien de la biodiversité génétique animale. Paradoxalement, la technique de reproduction « Ã  l’identique » qu’est le clonage pourrait s’avérer un outil favorisant la biodiversité, puisque l’on pourrait alors reproduire des animaux rares, appartenant à des races animales ou des espèces menacés de disparition.

2. L’évolution de l’agronomie. Le clonage pourrait être un outil de sélection génétique complémentaire à l’insémination artificielle (à condition bien sûr que les descendants des clones aient un comportement et une efficacité dans la reproduction sexuelle comparables à ceux de leur espèce). Jean-Paul Renard insiste sur l’intérêt de la biologie moléculaire pour pallier des carences induites par l’évolution de l’élevage et repérer les animaux génétiquement intéressants. « Autrefois, explique-t-il, ces animaux étaient connus des éleveurs, qui savaient les distinguer et les sélectionner pour la reproduction. Aujourd’hui, il y a moins d’éleveurs comme par exemple en Grande-Bretagne, le pays où est née, vers le milieu du 19éme siècle, la sélection animale. Grâce à la biologie moléculaire qui permet de déterminer le patrimoine génétique de chaque individu, on pourrait à nouveau effectuer ce repérage des spécimens intéressants. ». Par ailleurs, on tente de créer des lignées animales nouvelles qui présenteraient un intérêt alimentaire ou environnemental. Des essais sont également menés actuellement pour tenter de produire des animaux résistants à des attaques environnementales et à certaines pathologies. Un projet est aujourd’hui en cours pour obtenir des animaux résistants aux prions.

3. Les applications thérapeutiques. À partir de cultures de cellules génétiquement modifiées utilisées comme source de noyaux, on a déjà commencé à produire des animaux génétiquement modifiés, appelés « transgéniques ». Le clonage a d’ores et déjà permis la naissance de chèvres, de moutons et aussi de vaches qui produisent dans leur lait des molécules d’intérêt pharmaceutique, comme des facteurs de coagulation du sang, des anticorps. Plusieurs sociétés privées tentent maintenant de donner une dimension industrielle à cette approche. L’animal domestique deviendrait alors une véritable unité de production de médicaments, engendrant une diminution des coûts. Enfin, on espère un jour pouvoir produire, à partir de porcs transgéniques, des organes compatibles avec l’homme et destinés à des greffes.

Source : extrait du Café du gène du 23 mai 2002 à Morsang-sur-Orge, avec Jean-Paul Renard, directeur de recherche en biologie moléculaire à l’Inra. Télécharger la retranscription intégrale

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